Directrice du Rayonnement au CAÉB, Cora Payne se consacre avec passion à son travail, qui consiste à faire connaître au plus grand nombre les services proposés par le CAÉB pour aider les personnes incapables de lire les imprimés. Cette passion trouve en partie son origine dans son expérience personnelle de jeune élève dyslexique, et en partie dans son parcours professionnel dans l’éducation. Dans notre blogue de ce mois-ci, Cora partage quelques réflexions et mots d’encouragement à l’occasion du Mois de la sensibilisation à la dyslexie.
Vous souvenez-vous de ce que l’on ressentait en lisant à voix haute à l’école?
Pour beaucoup d’entre nous qui avons grandi dans les années 1990 et 2000, la lecture en classe était un exercice aux enjeux très importants. On apprenait par cœur des mots courants, on s’appuyait beaucoup sur les indices contextuels et on utilisait les illustrations pour deviner le sens des mots inconnus.
Lorsque nous étions confrontés à des difficultés, le système éducatif cherchait rarement à en comprendre les raisons. Plutôt que de nous proposer un enseignement phonétique explicite et factuel, les enseignants se contentaient souvent de revoir leurs attentes à la baisse, en partant du principe que nous étions « négligents », « inattentifs » ou que nous ne faisions tout simplement pas assez d’efforts.
Si vous avez découvert, à 20 ou 30 ans, ou même plus tard, que votre cerveau traite le langage, la concentration et les fonctions exécutives différemment, votre cas est loin d’être isolé. Des milliers d’adultes, après avoir été aux prises avec des difficultés toute leur vie, prennent aujourd’hui conscience qu’ils sont neurodivergents.
J'étais l’une de ces élèves. Mon regard sautait d’un endroit à l’autre sur la page, je sautais des lignes et je devais relire plusieurs fois la même phrase juste pour la comprendre. Pendant longtemps, je m’en suis voulue. Je pensais que je ne faisais tout simplement pas assez d’efforts ou que je n’arrivais pas à me concentrer. Mais lorsque j’ai commencé à enseigner à mes propres élèves présentant des troubles d’apprentissage, j’ai découvert que j’étais moi-même dyslexique et atteinte de TDAH.
Beaucoup d’entre nous qui avons de la difficulté à nous concentrer ou à rester attentifs trouvons également que les livres imprimés classiques sont vraiment difficiles à lire. Prononcer les mots à voix haute ou suivre des yeux une page remplie de texte demande tellement d’énergie mentale qu’il ne nous en reste plus pour profiter de l’histoire. Mais il existe un moyen de continuer à prendre plaisir à lire tout en faisant travailler son cerveau.
Lorsque vous changez d’outil, la lecture change également. Grâce au CAÉB, vous pouvez choisir le format qui vous convient le mieux :
- Écouter des livres audio : Lisez avec vos oreilles, c’est quand même de la lecture.
- Lire en écoutant : Suivez le texte surligné à l’écran pendant la lecture audio.
- Personnaliser un texte électronique : Agrandissez la police, ajoutez de l’espace entre les lignes ou modifiez le contraste de l’écran pour rendre la lecture plus agréable.
Que vous lisiez avec vos yeux, vos oreilles ou les deux, vous êtes un lecteur. Si la lecture de textes imprimés traditionnels vous épuise, sachez que cela n’a rien à voir avec votre intelligence, mais simplement que les imprimés classiques ne sont peut-être pas les mieux adaptés à votre cerveau.
Octobre est le Mois de la sensibilisation à la dyslexie et au TDAH. J’invite les personnes qui se reconnaissent dans mon histoire à s’abonner au CAÉB et à télécharger un livre audio ou un livre électronique. Vous verrez la différence que cela peut faire. Il n’est jamais trop tard pour découvrir le plaisir de la lecture.
Bonne lecture à toutes les personnes incapables de lire les imprimés, et chapeau à mes camarades neurodivergents! Vous méritez un bon livre que vous pouvez lire.
Livres audio : l'écoute est-elle aussi efficace que la lecture ?